Les forges

Les forges

Déjà les romains extrayaient le fer au Dresnay, à la forêt de Coat An Noz et à la forêt de Beffou en Loguivy Plougras.

Sur les tronçons de voies romaines Carhaix – Le Yaudet et Carhaix – Tréguier, on trouve encore des traces de scories (résidus de la fonte du minerai) en 3ème couche, enterrées dans les voies romaines.

Les Forges de Coat An Noz fonctionnaient au moyen de hauts fourneaux et le minerai était extrait à Toul Lutun en partie. On y extrayait de l’argent, du plomb, de l’étain, du cuivre et du plomb argentifère. Il existe également quelques veines d’or et de nickel.

C’est à proximité de Toul Lutun que fut tué le dernier loup de la forêt en 1904 par un chasseur. On dit qu’il fut inspiré par Saint Envel et le dicton nous dit : « Sant Envel braz, a war an tu Dampich da zont ar blei du ». Le dernier loup tué en Bretagne fut tué 6 ans plus tard en 1910.

Le haut fourneau était situé au lieu dit « Les forges » et le minerai y était concassé et broyé également.

Comme il fallait beaucoup d’eau, on a fait des étangs en escalier (réserve). Il fallait aussi beaucoup de bois. Ainsi la forêt fut réduite pratiquement à néant et il n’existe pas d’arbre de plus de 300 ans dans les forêts de Coat An Noz, Coat An Hay et Beffou.

L’exploitation se faisait au nom du gouvernement qui y trouvait son compte parce qu’il trouvait de l’argent et même de l’or. Mais l’intendant des travaux, par une spéculation mal entendue, se mit en tête de devenir lui même propriétaire de la mine et pris de loin des mesures pour cela. Il commença par faire cacher les veines précieuses que l’on découvrait et en agit de la sorte pendant un certain temps au bout duquel il publia que la mine était épuisée. Il en donna avis au gouvernement qui fit cesser les travaux.

Après quelque interruption, l’intendant qui avait une brillante fortune, proposa au gouvernement d’acheter pour lui même la mine abandonnée avec la faculté de continuer les travaux, pour son propre compte et en son nom privé. Mais il fut répondu à ce spéculateur dont la mauvaise foi avait été soupçonnée, que si la mine était épuisée pour l’Etat, elle devait l’être également pour les particuliers.

Dès lors, les environs de la mine où s’était formée une bourgade, furent abandonnés.

Beaucoup de forgerons travaillaient sur le site. C’est là que l’on fabriquait de la fausse monnaie à partir de 1750 jusqu’en 1850.

Le louis d’or valait 24 livres

La monnaie d’argent (blanc) était composée
En écus de 3 livres (petits)
En écus de 6 livres (grands)

La monnaie de cuivre concerne :
Les sols = 1/20 de livre
Les deniers = 1/12 de sol

Les liards = 3 deniers = ¼ de sol

On a trouvé, il y a une cinquantaine d’années des fausses pièces portant le millésime 1792.

Beaucoup de gens s’étaient enrichis de cette manière ; et le procès des faux-monnayeurs dura une éternité. Cette histoire fut déclarée un cas de criminalité collective et nationale en Argoat. On avait même volé le plomb de la fontaine Plomée à Guingamp pour faire de la fausse monnaie à Coat An Noz en 1743. Les fausses pièces étaient repérables par la reproduction des effigies ou la qualité de l’écriture.

La couleur de l’étain et du plomb n’est pas tout a fait celle de l’argent.

Les moules étaient en terre glaise séchée. Certains moules étaient également en bois (buis ou houx), en plâtre ou en terre de sable.

Pour les inspecteurs, en cas de doute, les fausses monnaies étaient soumises à l’épreuve de dureté. On les perçaient à l’aide d’un clou, ou on les pliaient entre les doigts.

Le cuivre était utilisé pour la petite monnaie (sols, deniers et liards) tandis que le plomb ou l’étain voire un alliage des deux servait pour la fabrication des écus d’argent…

Le plomb à l’avantage d’être malléable mais d’une manière volumique trop importante par rapport à celle de l’argent (les vrais écus).

L’étain se rapproche davantage pour sa dureté, sa densité et son point de fusion plus bas que le plomb.

A Coat An Noz, on faisait les faux écus qu’on pouvait avec la matière qu’on avait.

D’autres procédés servaient à fabriquer des faux écus avec de l’étain et du verre pilé (reflets).


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